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Balado - Les voix du terrain 22 - Une discussion sur l’importance de la sécurité culturelle dans les soins de santé et sur les moyens de pouvoir l’assurer

juillet 2022

Série de ballados Les Voix du terrain
Série de ballados Les voix du terrain

Les voix du terrain

Bienvenue aux Voix du terrain, une série de balados produite par le Centre de collaboration nationale de la santé autochtone (CCNSA). Le CCNSA met l’accent sur la recherche innovante et les initiatives communautaires visant à promouvoir la santé et le bien-être des Premières Nations, des Inuits et des Métis au Canada.

Épisode 22 – Une discussion sur l’importance de la sécurité culturelle dans les soins de santé et sur les moyens de pouvoir l’assurer

Dans cet épisode, nous allons écouter Margo Greenwood, titulaire d’un doctorat en éducation et leader académique du Centre de collaboration nationale de la santé autochtone de l’Université Northern British Columbia et auparavant vice-présidente d’Indigenous Health (Santé des autochtones) de la Northern Health Region (régie de santé du Nord). Mme Greenwood explique ce qu’est un système de santé sécuritaire sur le plan culturel et ce qu’il englobe, et expose comment les travaux du CCNSA favorisent la sécurité culturelle des peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Écoutez sur SoundCloud (en anglais seulement).


Biographie

Mme Margo Greewood, Ph. D., leader académique du Centre de collaboration nationale de la santé autochtone (CCNSA), est une érudite d’ascendance crie qui possède des années d’expérience axées sur la santé et le bien-être des enfants, des familles et des collectivités autochtones. Elle est professeure au programme d’études sur les Premières Nations et au programme d’éducation à l’Université du Nord de la Colombie-Britannique et a exercé les fonctions de vice-présidente, Santé autochtone, Northern Health (régie de santé du Nord), jusqu’au printemps 2022. Madame Greenwood a reçu de nombreux prix pour ses accomplissements en éducation de la petite enfance et en politiques de santé, dont la Médaille du jubilé de la Reine (2002), le prix Academic of the Year Award of BC (2010), le Prix national d’excellence décerné aux Autochtones pour son travail en éducation (2011) et, dernièrement, elle a eu l’honneur d’être nommée officière de l’Ordre du Canada (2021).

 

 

Transcription

Kelly Lerat : Madame Greenwood, bienvenue et merci de prendre le temps d’être avec nous aujourd’hui pour nous faire part du travail que vous accomplissez en matière de sécurité culturelle. Nous allons commencer par aborder, en premier lieu, pourquoi la sécurité culturelle est si importante. Comment un système de santé sécuritaire sur le plan culturel peut-il améliorer la santé de la population autochtone?

Margo Greenwood : Je crois, avant toute chose, que les peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis devraient avoir accès à un système de santé adapté et sécuritaire culturellement et je veux dire que ce système devrait être accessible facilement. À l’heure actuelle, dans les faits, de nombreuses personnes n’auront pas d’interactions avec le système de santé avant que leur maladie ait atteint un stade très avancé, par exemple, parce que dans le passé, elles ne se sentaient pas en sécurité ou le système n’a pas répondu à leurs attentes.

Alors, un grand nombre de gens attendront que les choses soient très graves avant d’accéder à des services de soins de santé. Mais dans ce cas, vous le savez, ce sera bien plus grave : peut-être que la personne devra subir un traitement complexe ou plus exigeant, alors que si elle était venue plus tôt, les perspectives auraient sans doute été meilleures. Je ne veux pas dire que ça se termine mal dans tous les cas, mais vous savez, si on y va plus tôt, il arrive qu’on puisse prendre les choses en main beaucoup plus rapidement.

Je crois que c’est vraiment important parce que des personnes, en Colombie-Britannique très certainement, dans le document intitulé In Plain Sight Report qui a été publié, relatent et expliquent certaines des expériences très négatives qu’ils ont eues avec le système de santé, et ils ont parlé alors de racisme et de racisme anti-autochtone au sein même du système de santé. Les systèmes qui respectent les gens et qui prônent les soins axés sur le patient, les soins inspirés par les traumatismes subis, sont à mon avis bien meilleurs et mieux adaptés, je crois, aux peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Les systèmes qui pensent au savoir autochtone et aux modes de guérison autochtones et à la façon dont les deux peuvent travailler, ensemble, avec les façons de faire occidentales, ont une énorme longueur d’avance, car ils ont su tisser ces bonnes relations.

C’est, je crois, là où nous voulons aller – avoir des relations positives entre le système et les personnes qu’il dessert. Et je crois que toutes ces choses, où nous commençons à changer comment nous interagissons avec les autres et les expériences que nous vivons dans les systèmes, commencent en rebâtissant la confiance. Je crois que le système lui-même peut s’inspirer des populations autochtones qu’il dessert, ce qui pourra contribuer au type de changement qui doit avoir lieu.

Kelly Lerat : Dans vos travaux, vous avez aussi expliqué que le cœur même de la sécurité culturelle est l’affaire de relations fondées sur l’éthique et le respect. Pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie et en quoi cela consiste dans la pratique?

Margo Greenwood : Quand je pense à des relations fondées sur l’éthique et le respect, je pense certainement au portrait global d’abord qui consiste à examiner les relations entre les Autochtones et les non-Autochtones dans ce pays, avec comme prémisse que le Canada est un État colonial et que les relations entre non-Autochtones et Autochtones n’ont pas toujours été positives dans ce pays. Nous possédons, et nous en sommes conscients, une réalité historique et coloniale… avec laquelle nous continuons de vivre. Et je crois que cela est vraiment important, car chacune de nos relations, individuelles ou collectives, fait partie intégrante et est ancrée dans cette réalité historique coloniale.

Une fois que nous le savons et que nous reconnaissons ce fait, nous savons que nous n’allons pas simplement tenir pour acquis que la confiance est à la base de ces relations. Alors quand je pense au portrait global, je pense à des concepts plus larges comme la confiance, car la confiance est absolument fondamentale dans une relation de personne à personne ou d’un pays à un autre, ou d’une nation à une autre.

Donc, je pense réellement à ça. Alors de mon côté, quand je pense à des relations respectueuses et fondées sur l’éthique, je pense à des relations qui sont soutenues et ancrées dans la confiance. Pour en arriver là, nous devons nous écouter mutuellement. Il nous faut reconnaître qu’il existe des inégalités en matière de pouvoir dans la réalité actuelle et nous devons nous écouter les uns les autres.

Je crois que nous devons chercher des solutions au lieu de jeter des blâmes. Je crois aussi qu’il y a beaucoup de choses… de choses qui ont de quoi inquiéter, mais j’aime penser que nous pensons à l’avenir de tous nos enfants et que nous cherchons des solutions parce que nous nous préparons tous pour l’avenir de nos enfants et des générations à venir.

Nous devons faire preuve de souplesse quand nous écoutons les autres, nous devons accueillir les idées nouvelles, les nouvelles façons de faire les choses. Je pense que pour moi, quand je pense à créer ce genre de relations fondées sur le respect, certains éléments me viennent instantanément à l’esprit. Je me suis aussi souvenu de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Un de mes collègues et amis me dit toujours : « La vérité d’abord, Margo ». Je lui réponds : « Tu as tout à fait raison ». Il ne peut y avoir de paix et d’harmonie sans justice. La justice commence par la vérité. L’honnêteté commencera aussi de la même façon. Et la confiance commencera aussi à partir de là. Alors je réfléchis à tout cela à partir, je crois, d’une multitude de perspectives.

Kelly Lerat : Alors, dans vos travaux, vous avez aussi mentionné qu’une approche à plusieurs niveaux est nécessaire pour entraîner un changement sur les plans structurel, systémique et de la prestation de services. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce modèle et comment il peut être utilisé pour intégrer la sécurité culturelle dans les systèmes de santé?

Margo Greenwood : C’est profondément, profondément complexe. Il ne s’agit pas d’idées nouvelles. Ce sont de vieilles réalités auxquelles nous continuons de travailler, je crois, en tant que génération. C’est un peu comme si nous pelions ce fameux oignon – vous enlevez une couche, vous en obtenez une autre, puis vous pelez et pelez encore.

Alors, c’est à cela que je pense et je pense à la complexité. Alors j’essaie toujours de trouver mon chemin à travers tout cela dans le contexte dans lequel je travaille et dans ce cas précis, je travaillais avec les autorités sanitaires. Alors, je devais constater de visu comment certaines de ces idées et certains de ces concepts se concrétisaient dans la pratique.

Donc, ce qui a vraiment mené à mon modèle est plus complexe qu’il n’y paraît. Je pense, et à la base, que c’est certainement fondé sur un modèle écologique. Alors au centre de ce modèle il y a des individus et des pratiques et ces relations individuelles dont nous venons de parler. Comment pouvons-nous nous parler les uns les autres? Comment pouvons-nous être en relation de la bonne façon?

Et le prochain niveau, le niveau suivant vers l’extérieur serait nos systèmes. Alors, dans quel système sommes-nous exactement? Dans mon cas en particulier, il s’agit évidemment du système de santé, alors je pense, alors, quelles sont les politiques qui orientent le système de santé et comment ces politiques contribuent-elles à mettre en place des pratiques exemplaires? Parce que vraiment, c’est dans cet aspect des soins que le changement réel, la guérison et le bien-être surviennent.

Alors, je me demande toujours comment le système favorise les pratiques exemplaires et appuie ces personnes que nous servons – dans notre cas il s’agit des gens des Premières Nations, des Inuits et des Métis – et ensuite les structures sont comme de grands instruments législatifs qui orientent les politiques ou comme la Healthcare Act (loi sur les soins de santé) qui régit la prestation de soins en Colombie-Britannique.

Alors, retournons à notre cercle intérieur. Quand je songe aux pratiques, je pense aux gens qui sont engagés dans les relations et je pense aux professionnels de la santé et aux professionnels de la santé qui sont aussi des alliés. Que puis-je faire pour les aider afin qu’ils deviennent les meilleurs praticiens possibles?

Alors peut-être qu’un peu d’éducation. Où j’ai travaillé par exemple, j’ai conçu une formation de 20 heures sur la sécurité culturelle et sur le racisme anti-autochtone pour aider les praticiens à agir de la meilleure façon possible avec les peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Nous avons aussi offert des possibilités d’apprentissage avec les communautés. Alors, comment pouvons-nous favoriser ces interactions et ces relations avec les communautés des Premières Nations, inuites et métisses afin que les gens puissent apprendre quelle est la clientèle qu’ils servent dans leur zone géographique particulière. Cela est très important, parce que nous connaissons tous la diversité des peuples autochtones au Canada.

Il est vraiment important pour les praticiens de savoir qui vous avez dit que je dessers et ce que je dois savoir de ces personnes afin de mieux les servir et de le faire de la manière appropriée. Je pense que ce sont des aspects pour lesquels nous avons aidé les praticiens et les professionnels de la santé à entrer en relation de la bonne manière. Et bien sûr, l’autoréflexion est un aspect fondamental de tout cela. Comment… comment nos propres biais ou mes propres hypothèses peuvent influencer ma pratique et la manière avec laquelle je réfléchis à ce que je fais. Je crois que nous devons aussi soutenir les personnes que nous servons. Nous avons besoin d’agentes et agents de liaison autochtones pour accomplir le parcours avec cette clientèle, et quand ces personnes se présentent dans nos établissements de soins, qu’elles se perçoivent et se sentent les bienvenues, et qu’elles sachent qu’il y a sur place des gens qui sont là pour les accueillir dans le système, qui ne les laisseront pas tomber dès qu’ils franchiront la sortie, mais qui les suivront au cours de tout leur parcours dans l’établissement en question. Alors, je pense à des choses de ce genre pour les points de service et la pratique elle-même. Et je pense ensuite aux activités que je devrai mettre en place pour favoriser ce genre de relation. À l’échelle du système, il est vraiment important de se pencher sur les politiques, les directives, les guides de pratique clinique, les politiques – c’est là que l’on entre dans les normes d’agrément et ce genre de choses.

Alors, à l’intérieur de ces systèmes, vous pouvez peut-être travailler à élaborer des normes qui se situent au niveau de l’agrément, ce qui est un peu différent que dans le système de santé lui-même, où vous offrez les services. Mais comment pouvons-nous avoir une influence sur ces normes? Je viens tout juste de participer à l’élaboration de normes en matière de santé relativement à la sécurité culturelle en Colombie-Britannique et ce fut pour moi un travail vraiment stimulant. Alors cela fait partie d’un système, cela fait partie du système de santé. Une autre portion est le fait que les politiques que nous voyons dans chaque autorité sanitaire et qui encadre la pratique à l’intérieur de l’autorité de la santé elle-même, alors comment allons-nous nous assurer que les peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis soient mobilisés, soient engagés dans l’élaboration de ces instruments politiques?

Alors, nous avons réellement conçu un outil d’évaluation des systèmes politiques pour orienter les gens dans la préparation de politiques et l’examen des politiques existantes. Il y avait donc un autre moyen pour commencer à créer le type de changement systémique pouvant ouvrir la voie à ces bonnes pratiques sécuritaires sur le plan culturel et à des politiques qui sont aussi sécuritaires et respectueuses des peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Et je crois que les lois sur les soins de santé de la Colombie-Britannique constituent un bon exemple de ce grand changement culturel. En Colombie-Britannique, nous avons intégré la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones aux lois elles-mêmes. Cette structure, la Déclaration, nous montre comment mettre en place et nous donner des balises. Le gouvernement de la Colombie-Britannique et les systèmes de tous les ministères de la province sont déterminés à inclure et à utiliser la Déclaration dans leur pratique et dans leurs instruments législatifs. Alors, c’est énorme, quand on pense à tout cela et c’est un moyen – car la sécurité culturelle, pour moi, de nombreuses façons, est une question de relations respectueuses entre les uns et les autres.

Nous devons aussi prendre en charge les enjeux liés à la justice. Dans ce pays, certaines personnes – de peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis – n’ont pas toujours eu le privilège d’avoir leur propre voix. Je vois cela comme une occasion d’ouvrir ces portes et d’amener ces voix à s’exprimer et à réaliser qu’elles ont des droits, grâce à la Déclaration des Nations Unies, qu’elles ont un droit en vertu de la loi, et je crois qu’en tant que systèmes, nous devons nous ajuster en conséquence afin de nous assurer que cela fait partie d’un type de réalité normative. Nous demandons donc un changement du système, à grande échelle, et nous demandons aussi un changement sociétal.

Kelly Lerat : Alors, merci de nous avoir parlé de ces travaux fort complexes qui doivent être réalisés pour apporter divers changements et expliqué l’ampleur des changements que doit supposer la mise en œuvre de la sécurité culturelle. Comment le Centre de collaboration nationale de la santé autochtone appuie-t-il ces travaux sur le plan culturel?

Margo Greenwood : Eh bien, c’est réellement stimulant. En effet, le Centre de collaboration nationale a maintenant 17 ans. À l’époque, nous n’avions pas de termes comme « sécurité culturelle », mais nous savions certainement que le racisme existait et nous savions certainement qu’il y avait des différences de pouvoir. Alors, l’une des choses qui ont toujours guidé le Centre, qui ont toujours guidé mon engagement et celui de tout le monde au Centre, est de privilégier les voix autochtones. Il s’agit pour moi d’une immense étape pour ouvrir la porte et veiller à ce que les voix des peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis soient entendues, et c’est ce que nous pouvons faire en tant que Centre. Nous pouvons interagir avec la communauté. Nous pouvons communiquer avec les érudits autochtones et avec les groupes autochtones pour nous aider à élaborer les outils utiles et pertinents pour eux. C’est là un autre principe directeur. Ces principes nous ont été fournis par un comité consultatif que nous avons formé et qui réunissait des représentants des peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis d’un océan à l’autre. Nous nous sommes donc assis ensemble et nous avons discuté de ce dont nous avions vraiment besoin de mettre en place pour encadrer nos travaux.

Je ne peux pas vous dire combien de fois je suis retournée à ces principes directeurs. Privilégier la voix est utile et pertinent pour chaque projet que nous réalisons. Avons-nous une raison de le faire? Est-ce que cela permettra de soutenir et d’améliorer la vie ou, possiblement, d’améliorer la vie des peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis?

Donc depuis 17 ans, c’est ce que nous faisons. Mais plus récemment, nous avons été en mesure de créer des collections de ressources. À l’heure actuelle, nous avons des collections financées à l’échelle nationale et provinciale sur la sécurité culturelle et le racisme anti-autochtone, ce qui est très, très stimulant. Il est toutefois triste que nous en soyons arrivés là – ces collections se voulaient une réponse à la mort de gens de notre peuple dans le système de santé. De plus, il est vraiment important pour nous tous d’avoir accès à ces ressources, aux meilleures réflexions sur les moyens de cheminer à travers ce parcours pour des relations respectueuses avec les autres et pour atteindre la paix et l’harmonie que nous souhaitons et auxquelles nous aspirons tous dans ce pays. Et je crois, vous savez, que disposer de ces ressources est vraiment important. Nous faisons aussi d’autres choses. Je veux dire, nous avons certainement une abondance de ressources en matière de médias et de vidéos, qui sont formidables, et qui ont permis de diffuser les puissants messages et les images fortes qui, je crois, sont utiles pour les gens.

Nous avons publié des livres. Nous en sommes à notre troisième ouvrage, si vous le permettez, sur les déterminants de la santé et les peuples autochtones dans ce pays, et je crois qu’il s’agit là d’un texte fécond. Nous avons donc fait beaucoup de travail dans ce domaine et une partie de la raison pour laquelle nous avons poursuivi sur cette question…, est sa grande pertinence dans le contexte de la santé globale. Je sais que lorsque je me rends dans les communautés, les gens savent ce que je veux dire par santé holistique et par déterminants de la santé – il s’agit de se pencher sur toute les choses [qui] influencent nos vies et qui nous permettent ensuite de regarder tous ces différents éléments qui ont des répercussions sur notre existence.

Donc, il a été vraiment important d’avoir cela, une perspective d’ensemble aussi vaste que possible de la santé et du bien-être des peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Nous avons aussi… un autre instrument que nous utilisons pour travailler consiste à réunir des gens dans le cadre de rassemblements nationaux afin d’avoir des échanges à l’échelle nationale. Je me souviens que lorsque les déterminants sociaux de la santé ont été évoqués pour la première fois, nous avions tenu une réunion, nous avions organisé quatre rassemblements nationaux qui ont commencé par : « Alors, quels sont les déterminants sociaux de la santé et quelle influence cela a-t-il sur les peuples des Premières Nations, des Inuits et des Métis au Canada? » Nous avons donc accompli beaucoup de travail simplement en nous réunissant pour échanger, se soutenir les uns les autres, pour réseauter et générer des idées fantastiques que seul un collectif, je crois, peut avoir lorsque des gens se réunissent et que vous regroupez tous ces cerveaux brillants dans une même pièce; c’est si stimulant! Ce ne sont là que quelques-uns des moyens par lesquels le Centre de collaboration a pu contribuer à la santé et au bien-être et, plus particulièrement, à la sécurité culturelle dans ce pays aujourd’hui.

Kelly Lerat : Selon vous, quels travaux seraient encore nécessaires dans l’avenir pour créer des soins sécuritaires sur le plan culturel pour les Autochtones?

Margo Greenwood : Eh bien, je pense que nous devons poursuivre notre cheminement sur le même parcours. Je crois que nous avons ouvert la voie à des possibilités et j’espère qu’elles seront là pour très longtemps, afin qu’elles puissent devenir la norme. Nous devons continuer de faire face à la vérité. Je crois que nous devons continuer d’avoir ces conversations difficiles et que nous devons, ensemble, trouver ces solutions.

Je ne perds jamais de vue le concept de paix et d’harmonie dans nos vies, nos enseignements anciens provenant de nombreux lieux autochtones, et je les mets toujours de l’avant dans mon esprit. Même lorsque c’est très difficile, parfois je pense que les visions de nos ancêtres et de nos collectifs nous soutiennent et contribuent à bâtir la résilience dont nous avons eu besoin au cours des 500 dernières années. Je célèbre donc nos gens pour leur résilience et leur capacité à trouver leur chemin vers un lieu beaucoup plus positif. Cela ne se fera pas sans combat, mais j’ai confiance en chacun de nous et je sais que nous trouverons ce lieu de changement.

Kelly Lerat : Merci beaucoup, Madame Greenwood, pour le temps que vous nous avez accordé aujourd’hui et pour avoir partagé votre savoir, votre expérience et votre expertise avec nous. Encore une fois, merci.

Pour écouter d’autres balados de cette série, consultez « Les voix du terrain » qui se trouvent sur le site Web du Centre de collaboration nationale de la santé autochtone, à ccnsa.ca. La musique de ce balado est l’œuvre de Blue Dot Sessions. Il s’agit d’une œuvre en usage partagé, utilisée sous licence Creative Commons. Pour en apprendre davantage, consultez le www.sessions.blue (lien en anglais).

 

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