Une journée qui nous rappelle que de nombreux enfants des Premières Nations ont encore du mal à recevoir des services éducatifs, sociaux et de santé rapides et équitables
Capture d'écran de l'ourson témoin prise de la vidéo « Spirit Bear & Friends-A LOVE WE KNOW ».
Tirée du dessin animé original « Spirit Bear and Children Make History » de la cinéaste Amanda Strong.
Célébrée chaque année le 10 mai, la Journée de l’ourson témoin rend hommage à Jordan River Anderson, un enfant de la Nation des Cris de Norway House, et invite les personnes de tous âges à « témoigner » pour s’assurer que le principe de Jordan, une règle de droit nommée en son honneur, est pleinement mis en œuvre.
Le principe de Jordan a été énoncé pour la première fois dans un rapport du 10 mai 20051 de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada. Le rapport indique que la stratégie prédominante pour la prestation de services de santé et de services sociaux aux Premières Nations consistait à « mettre [les enfants des Premières Nations] en attente pendant que les gouvernements se querellent pour savoir qui assumera les coûts ». Pour remédier à cette situation, le rapport recommande l’adoption d’un « principe faisant passer l’intérêt de l’enfant en priorité », citant le cas de Jordan River Anderson, décédé à l’âge de cinq ans après avoir passé toute sa vie à l’hôpital en raison de disputes entre les gouvernements quant à la responsabilité du paiement de ses soins à domicile.
Le principe de Jordan a obtenu l’appui unanime de la Chambre des communes en 2007.2 Cependant, l’incapacité des gouvernements à pleinement mettre en œuvre le principe a mené à son inclusion comme troisième appel à l’action du rapport de 2015 de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.3
En 2016, la situation a été dénoncée dans une décision du Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP). Effectivement, de multiples ordonnances de non-conformité rendues par le TCDP avant et depuis la décision confirment la persistance d’un traitement discriminatoire envers les enfants des Premières Nations.4
Plus de 20 ans après la création du principe de Jordan, la Journée de l’ourson témoin nous rappelle que de nombreux enfants des Premières Nations ont encore du mal à recevoir des services éducatifs, sociaux et de santé rapides et équitables.
Comment participer
Qu’il s’agisse d’organiser un goûter des oursons ou d’envoyer une lettre à votre député, il y a de nombreuses façons de participer et de « témoigner » :
- Apprenez-en plus sur la décision du Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP) et sur le principe de Jordan.
- Appuyez le travail de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, un organisme à but non lucratif qui aide à la création de documents et de ressources basés sur des données probantes et qui œuvre pour parvenir à l’équité à fondement culturel pour les enfants et les jeunes des Premières Nations.
- Invitez vos amis et les membres de votre voisinage et de votre famille à apporter leur ours ou leur animal en peluche préféré à prendre le thé. Publiez vos photos du goûter sur les réseaux sociaux à l’aide des mots-clics #PrincipeDeJordan et #JournéeDeLoursonTémoin.
- Écrivez une lettre au premier ministre ou à votre député pour exprimer votre soutien à la pleine mise en œuvre du principe de Jordan.