Ce rapport met l'accent sur le statut particulier des peuples autochtones, les politiques « toxiques » et le droit à l'autodétermination.
Le 28 août 2008- La Commission sur les déterminants de la santé de l'Organisation mondiale de la Santé a publié son rapport définitif sur la santé dans le monde.
Le document« Combler le fossé en une génération : Instaurer l'équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux » est un appel à la reconnaissance du statut particulier des peuples autochtones en matière de déterminants sociaux de la santé.
« La reprise de la continuité personnelle et culturelle a des répercussions importantes sur la santé et le bien-être des communautés [autochtones] », indique le rapport. Il affirme également que l'élimination des inégalités en santé et entre les pays est réalisable en une seule génération.
Le travail de la Commission sur les déterminants de la santé, créée en 2006, aide les pays et les partenaires mondiaux en santé à traiter les facteurs sociaux menant à la maladie et aux inégalités. Ces déterminants comprennent l'emploi, les milieux de travail insalubres, les taudis urbains, la mondialisation et le manque d'accès aux systèmes de santé.
Le CCNSA a coordonné la participation des peuples autochtones du Canada au travail de la Commission sur les déterminants sociaux de la santé et a assuré la représentation autochtone lors du symposium international organisé en 2007 à Adelaïde, en Australie, pour alimenter les travaux de la Commission.
Les effets « toxiques » des politiques
Le rapport mentionne les effets « toxiques » sur les peuples autochtones des politiques, des lois et des règlements qui ne s'appliquent pas aux autres membres des états. Il explique que le peuple autochtone « continue à vivre dans des terres limitées ou isolées et se trouve souvent au cœur de conflits de compétences entre différents ordres de gouvernement, particulièrement dans des domaines concernant l'accès aux ressources financières, aux programmes et aux services. Les peuples autochtones ont un statut et des besoins particuliers. »
Parmi les recommandations, le rapport appelle les gouvernements nationaux à « reconnaître, légitimer et soutenir les groupes marginalisés et plus particulièrement les peuples autochtones dans des politiques, des lois et des programmes qui leur permettent de représenter leurs besoins, leurs revendications et leurs droits.
Ratification de la déclaration des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones
La Commission demande également la ratification et l'application de la déclaration des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones. Le Canada est l'un des quatre pays ayant voté en 2007 contre l'adoption de la proposition par l'assemblée générale de l'ONU. Cent quarante-trois pays ont voté pour, et onze se sont abstenus. La déclaration établit que les peuples autochtones « ont droit, sans discrimination d'aucune sorte, à l'amélioration de leur situation économique et sociale, notamment dans les domaines de l'éducation, de l'emploi, de la formation et de la reconversion professionnelles, du logement, de l'assainissement, de la santé et de la sécurité sociale ».
La Commission signale que « les peuples autochtones du monde entier risquent de perdre irrémédiablement leurs terres, leur langue, leur culture et leurs moyens de subsistance, sans leur accord ou leur contrôle ».
S'occuper de la santé autochtone
Au cours de son travail, la Commission a soulevé trois questions concernant la santé autochtone :
- De quelle manière intervenir sur les déterminants sociaux de la santé autochtone pour réduire les conditions à risque et améliorer les résultats de santé des Autochtones de partout dans le monde?
- Existe-t-il des exemples d'interventions sur les déterminants sociaux de la santé ayant donné des résultats positifs pour la santé et le bien-être des peuples autochtones?
- Quelles sont les politiques sur les déterminants de la santé les plus susceptibles d'améliorer la santé des peuples autochtones?
Le CCNSA continue à travailler avec des organisations autochtones, des gouvernements et des établissements universitaires et de recherche pour mieux comprendre les déterminants sociaux de la santé autochtone et intervenir.