Pour l'aîné micmac Albert Marshall, il s'agit du don de « double-vue », la capacité d'avoir plusieurs points de vue. Lors de ses interventions à l'occasion des conférences et des ateliers des Centres de collaboration nationale en santé publique, il a encouragé le public à s'inspirer tant du savoir indigène que des connaissances scientifiques[1].
Dans le cadre d'une meilleure intégration des méthodes autochtones de la santé dans le système actuel de santé publique, le CCNSA examine les mécanismes de transmission de l'expérience et des méthodes d'acquisition du savoir entre les systèmes de connaissances. Il s'agit ici d'améliorer la pertinence et l'efficacité des politiques et pratiques de santé destinées aux communautés et aux peuples des Premières nations, inuits et métis. La recherche a démontré, par exemple, que jusqu'à tout récemment, les programmes, les directives de pratiques cliniques et les autres activités axées sur la santé qui relient la recherche à la pratique prennent rarement en compte la nécessité de jeter un pont entre les cultures et d'être significatifs pour les communautés autochtones. Voici le travail effectué par le CCNSA dans ce domaine :
· Nous procédons à une synthèse des études culturellement adaptées portant sur la santé des Autochtones. Ce travail, qui s'inscrit dans le cadre du protocole Campbell de revue systématique en collaboration, consiste à rassembler toutes les études basées sur des méthodes de recherche autochtones et indigènes. Il nous aidera à évaluer la validité interculturelle des méthodes de recherche occidentales, à alimenter la discussion sur les méthodes de recherche indigène et à orienter les recherches à venir.
· Comme l'ont mentionné les spécialistes du CCNSA lors des conférences et des ateliers, le partage et l'échange du savoir avec les cultures et les communautés autochtones présupposent une perspective holistique qui respecte les préoccupations éthiques, prend en compte l'apprentissage réciproque et établit des relations de confiance et de compréhension. Un document qui définit la vision de « synthèse, d'application et de partage des connaissances » du CCNSA expliquera les concepts à prendre en compte lors de l'application des connaissances aux peuples indigènes. Sa publication aura lieu en 2010.
· En 2007, le CCNSA a organisé à Vancouver un « cercle d'échange » afin d'explorer la nature des faits en matière de santé autochtone. Les participants regroupaient des représentants de différents organismes de santé publique canadienne et de la santé autochtone ainsi que des communautés des Premières nations, inuites et métisses. Des invités des États-Unis et de Nouvelle-Zélande ont proposé un point de vue extérieur de la question. Le cercle d'échange s'est déroulé sur un « territoire non cartographié », enraciné dans un concept d'« espace éthique » qui a établi un terrain de rencontre sur lequel des cultures et des peuples divers aux points de vue différents ont pu travailler ensemble. Veuillez nous contacter (CCNSA@unbc.ca) pour obtenir une copie de notre DVD « Partager nos connaissances, faire une différence » et télécharger notre rapport de rencontre intitulé « Exploration des données en santé autochtone ».
· En 2010, le CCNSA réunira un groupe international de détenteurs de savoir indigène qui exploreront et structureront une discussion animée sur le partage et l'échange du savoir dans les communautés des Premières nations, inuites et métisses. Avec les conseils de notre groupe d'experts, nous intégrerons les visions indigènes du monde aux méthodes holistiques pour alimenter notre travail, plus particulièrement sur les déterminants sociaux de la santé. Notre revue des études en santé qui se sont penchées sur des cadres de recherche autochtones permettra d'alimenter ce travail, au moment où nous nous efforçons à ce que les initiatives se basent sur des principes facilement démontrables dans toutes nos interventions, et qui sont enracinés dans la réalité des communautés.
_____________________________________